Comment bien gérer un projet web

Pour certains, un projet web fait partie d’un dispositif multi-canal 360 (pardon, 365) avec moults création de contenus, de pages facebook et de comptes twitter.

Pour d’autres, le projet web est tout simplement vital, c’est avec ce site et ce dispositif qu’ils vont gagner de l’argent et pouvoir payer leurs employés.

Que l’on soit dans la Très Très Grande Entreprise ou bien dans une petite start-up, il y a quèlques règles éprouvées qui permettent d’assurer le succès d’un projet digital.
J’aurai adoré être le Grand Penseur de ces principes, mais ce n’est pas le cas. Alors je vous les restitue humblement à ma sauce, et vous trouverez à la fin de ce post quelques conseils de lectures qui peuvent vous aider.

Et si ce que vous lisez vous rappelle des situations vécues, alors changez les choses en interne ! Et si vous travaillez dans une société dans laquelle il est littéralement impossible de faire évoluer les choses, alors il est temps de penser à changer de crèmerie !

1/ Mettez en ligne à l’heure.
De toutes les règles, la plus fondamentale est de définir une date de mise en ligne du projet. Au jour et à l’heure dite, mettez en ligne, quelque soit l’état du projet.
De toute façon, aucun projet web ne permet de respecter le timing tout en livrant la version parfaite de votre site, application, dispositif. Donc mettez en ligne, et procédez par itération pour modifiez ce qui doit l’être.
Quand eBay s’est lancé, leurs catégories étaient vides de produits. Mais ils étaient en ligne, et sans la catégorie Auto !

2/ Mettez en ligne le plus rapidement possible.
Les planning à 6 mois ou plus ne servent à rien et c’est une projection mentale très difficile à faire. Pensez aux bonnes résolutions de début d’année : qui les tient réllement ?
Découpez plutôt votre planning afin d’avoir de plus petites tâches à réaliser. Cela rendra votre projet plus concret, vous aurez le sentiment d’avancer plus vite puisqu’il y a beaucoup plus de milestones à atteindre, et ça permet de garder tout le monde motivé.
Mettre en ligne rapidement vous enlève aussi une énorme pression « Mon Dieu que vont dire les clients/mes boss si jamais notre site ne réinvente pas la lune ? » est le genre de pensée qui ne permet de réaliser un projet de plusieurs mois ou semaines. Une fois que le site est live, confronté à la réalité du marché, vous n’avez plus d’autres choix que de vous concentrer sur l’amélioration de l’existant. Exit la pression du Grand Patron qqui regardera le projet 2 jours avant la mise en ligne finale.

3/ Réduisez les équipes
Lu dans divers articles et livres : pensez-vous qu’Apple ait été au top de sa créativité lorsque Steve Jobs faisait des réunions avec Steve Jobs ou bien lorsque Steve Jobs fait des réunions avec toutes ses équipes de designers autour de la table ?
Plus il y a d’intervenants, surtout ceux qui rejoignent le projet en cours de route, plus le projet ralentit et moins on se concentre sur l’essentiel (ce dont à vraiment besoin le consommateur). Le responsable CRM qui aura été envoyé par son boss dans votre projet ne pourra pas revenir vers celui-ci sans lui dire « c’estt bon boss, j’ai fait valoir notre droit à mettre nos 8 champs de saisies de données ». Selon l’application que vous mettez en place, demander autant d’infos personnelles à l’internaute n’est peut-être pas pertinent.
L’équipe qui décide doit être réduite au minimum. Pas de validation de son supérieur hiérarchique dès qu’on a un embryon d’idée : vous êtes en charge ou vous n’êtes pas en charge. A vous de décider si telle fonctionnalité à sa place dans votre application ou pas.
Donnez aussi une date limite pour les « cahiers de doléances ». Vous informez tout le monde du projet, vous prenez le temps de l’expliquer, vous expliquer sa finalité. Puis  vous donnez une date à tout le monde afin qu’ils vous transmettent par écrit et de manière synthétique leurs demandes. Si le CRM veut mettre 8 champs de saisies (nom, prénom…), il a jusqu’à tel jour tel heure pour le faire.
Puis vous rentrez en phase de production, c’est vous qui décidez si 1 champ ou 8 champs est le plus suceptible de créer de l’intérêt pour l’internaute. A partir de cette date, plus personne ne peut vous dire « ce serait bien si… ». Souvenez-vous que vous avec une date de mise en ligne à respecter, et les « ce serait bien si » font toujours décaler tous les projets.
De plus, les « ce serait bien si » traduisent une volonté d’une personne de valoriser son métier. Cela traduit rarement une vraie demande du consommateur.
Par exemple, ce serait bien si on pouvait envoyer un mail automatique à toute notre base chaque mois pour les informer sur les points fidélité qui leur permettent de changer de téléphone. Le problème est que si je viens de changer de portable, je sais que je n’aurai pas assez de points pour avoir un autre portable avant longtemps. Il vaut mieux attendre et regarder ma consommation afin de me proposer au moment opportun un téléphone que je peux m’offrir avec mes points et un prix supplémentaire acceptable (qui veut un Iphone avec 1000 points + 25€ ? Qui veut un Iphone avec 100 points et 250€ ?).
L’évolution de votre projet doit être partagé uniquement avec les gens influents, mais cela doit être fait pour info. « Boss, pour info, voici ou nous en sommes ». Et non pas « Boss, cela vous plaît, vous voulez rajouter des fonctionnalités, changer quelque chose ? ». Vous pouvez être certains que ce sont les gens les moins impliqués qui ont le plus de choses à dire, et plus vous montez dans la hiérarchie, plus ce sera le cas.
Votre patron vouus dit « ah tiens vous n’avez pas retenu les 8 champs à saisir ? » => « Non, nous n’avons pas besoin d’autant d’infos à récolter pour atteindre notre objectif. » => « Mais ce serait bien si on avait le maximum d’infos sur nos prospects » => « vous le dîtes vous même patron, ce sont des prospects. Pourquoi demander à un prospect son adresse alors qu’il n’a pas encore testé notre produit ? » => « mais ce serait bien si on les avait quand même » => « Ok, on voit ça en V2 car on a une date à respecter pour la mise en ligne ? Sinon, on décale, je vous laisse faire le mail à votre patron ? ». Fin de la discussion, retournez au travail !

4/ Faîtes moins que vos concurrents
On veut souvent faire plus que ses concurrents. Des prix toujours moins chers, plus de fonctionnalités, plus d’options, plus de possibilités.
Faîtes moins.
Moins d’options, moins de tarifs dégressifs, moins de fonctionnalités, moins de choix laissés à l’internaute.
L’Ipod ne fait pas Lecteur FM ni enregistreur vocal.
Google a une page d’accueil sur fond blanc avec juste 1bloc de saisie.
LebonCoin.fr ne propose pas un calendrier online qui permet aux internautes de se fixer rendez-vous.
Amazon permet d’afficher 25cds par page, on nepeut pas choisir d’en afficher 20 ou 50. 25 cd, c’est comme ça.
Faire moins que ses concurrents permet de se concentrer sur l’essentiel : qu’est-ce que votre site, application, dispositif apporte que les autres ne font pas ?
De plus, si vous développez des options, des choix laissés à l’internaute, vous faîtes deux choses :
D’abord, vous vous donnez du travail supplémentaire de développement. Ce travail devra générer des tests supplémentaires et la nouvelle fonctionnalité devra parfaitement s’imbriquer dans le design du site. Ensuite vous créez des situations que vous ne verrez sans doute pas en testant l’application (est-ce que le design de mon site s’affiche toujours correctement et sur tous les navigateurs si je passe de 25 produits montrés à 50 ?). Enfin, si les internautes vous remontent des bugs sur ces fonctionnalités, vous devrez les modifier un jour ou l’autre, même si cela ne vous rapporte pas plus de chiffres d’affaires.

5/ Recrutez des gens meilleurs que vous
Admettons que vous ayez un niveau A dans votre métier. Vous recrutez  – avec un rapport hiérarchique horizontal ou vertical, temporairement si vous êtes en mode projet ou de manière durable – quelqu’un qui a un niveau B. Cette personne recrute à son tour quelquun de niveau C., etc… Votre projet ne sera jamais la prochaine killer app, et il y a peu de chances qu’il réponde à un besoin réel de vos clients.
Si vous êtes un A en marketing et que vous recrutez un A+ en design, un A+ en chef de projet, un A+ en développement, un A+ en marketing, vous avez de meilleures chances d’avoir tous ensemble de meilleurs idées, mieux exécutées.
Laissez les B, C et D à la concurrence ou dans les autres services, et faites un site remarquable avec des gens remarquables.
Les B, C, et D viendront peut-être en cours ou en fin de projet pour essayer de s’approprier votre travail. Cela pourra marcher une fois ou deux, mais l’ascension sociale des B et C dépend de vos succès à vous. Ce sont eux qui ont besoin de vous et pas l’inverse. Tôt ou tard, le B ou le C apparaitra dans toute sa splendeur aux yeux de tous. Il n’aura plus qu’à aller faire le B ou C ailleurs. Et si ce n’est pas le cas, vous et votre communauté (patron, collègues, lecteurs de blogs, recruteurs) saurez que c’est vous qui avez fait un travail remarquable, ce qui est bien plus gratifiant que de savoir ce que deviennent les B ou les C.

 

Il y a nombre de conseils plus détaillés et avisés : je vous conseille vivement de lire sans plus attendre « Linchpin », le dernier livre de Seth Godin. Mais aussi « Getting Real » du studio de design 37Signals. Ou bien encore « Business Model Generation »,de Alexander Osterwalder.

Ce post en est l’illustration : il y a sans doute des fautes d’orthographe ou de frappe, mais il est en ligne et vous l’avez lu. Il n’est pas parfait, il n’est pas exhaustif et vous allez peut-être me donner des feedbacks sur les thèmes manquants ou des opinions avec lesquelles vous n’êtes pas d’accord. Grâce à cela, je vais pouvoir amender ce post, peut-être le compléter par un autre post, que vous reviendrez lire avec plaisir d’ailleurs. Et ce blog se construira ainsi petit à petit, vous fidélisant (j’espère) de plus en plus.

Bonne lecture !

P.S : Il est très difficile d’arriver à cette simplicité, je n’y arrive pas toujours autant que je voudrais. Lorsque nous avons remis à plat le programme d’affiliation de SFR début 2008, nous avons en 3 mois fermé l’ancien programme, fait une compétition avec 3 plateformes, décidé de permettre aux affiliés Mobiles de gagner de ‘largent sur les ventes ADSL et inversement (ce que ne faisais pas Orange), signé un devis pour s’engager avec notre nouvelle plateforme. Tout n’était pas parfait, mais le programme était en ligne et commençait à générer de la valeur. Aujourd’hui le programme à été repris par une personne très compétente et il tourne à plein régime, encore mieux que lorsque je m’en occupais. Si je me considère pompeusement comme un A en affiliation, alors cette personne (salut Eric 😉 est un A++, et cela me va très bien !
A l’inverse, www.techyou.fr est un projet qui a mis 1 an à se faire. Trop de personnes impliquées dans les décisions en interne, trop de dé-priorisation du projet. Aujourd’hui, le site est en ligne depuis 5 mois et gagne 100KVU chaque mois, c’est un vrai succès d’audience et visiblement nos concurrents ont essayé de se renseigner auprès de notre partenaire Yahoo sur ce projet.

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