Une année d’acquisitions dans le web

Le Journal du Net à publié hier un article très intéressant sur les acquisitions de 2009.

En y regardant de plus près, non seulement les pure players n’ont plus rien à envier à des enseignes mastodontes brick/click & mortar, mais aussi je trouve que cela valorise vraiment les profondes évolutions des usages et des mentalités, et cela aurait été impossible sans internet. Jugez plutôt :

– Marc Simoncini crée Meetic il y a 7 ans.
Cette année, il rachète les activité européennes de Match.com et Meetic vaut désormais 400M€ en bourse. 400M€ !!!!
Au-delà du business, la rencontre sur internet est désormais monnaie courante (qui n’a pas dans son entourage un couple voire un mariage Meetic ?). La rencontre via le web est une vraie révolution des rapports entre les gens : Facebook serait à l’origine de 20% des divorces, selon un cabinet d’avocats. De ICQ à Messenger, puis Meetic, Skyrock et maintenant Facebook, il est loin le temps ou on n’avait pas d’autre choix que de téléphoner à sa target en étant obligé de rester dans le salon à cause d’un câble de téléphone qui ne va pas jusqu’à sa chambre !

– TicketMaster rachète LiveMaster : « Quand la principale plate-forme de vente de billets de spectacles sur Internet s’offre le plus grand promoteur de concerts du monde, il en ressort un nouveau géant de l’industrie du disque pesant 2,5Milliards de $ ».
Certes la fusion n’est pas encore autorisée, et un producteur de spectacles touche 10% des recettes d’un évènement quand un producteur gagne 90% des ventes d’un disque. Mais qui parierait encore un kopek sur la vente de support physique vs. le live et le numérique ?
Ce deal montre bien si besoin était que la consommation de musique est un loisir loin d’être fini, simplement sa consommation est à des années lumière de ce qu’elle était il y a 12 ans.

– Stéphane Courbit rachète tous les sites (ou presque) de jeux d’argent en Europe : là-encore au-delà des chiffres, le web est devenu un outil central dans l’usage qu’ont les internautes des jeux en ligne, et on attend que l’ouverture des marchés à la concurrence pour voir comment PMU et Française des Jeux vont s’en sortir.

– Amazon rachète Zappos pour 1,2 milliards de $. Que ce soit avec Zappos, Spartoo ou Sarenza, on n’achètera plus jamais nos chaussures comme avant.
Je trouve que l’explosion de la vente de chaussures est très symbolique de l’évolution des mentalités. La chaussure est un accessoire si important pour les femmes (entr’autres), que rien que le fait de se dire qu’elles n’ont plus besoin d’aller en magasin (en tout cas beaucoup moins) et qu’elles sont prêtes à acheter en ligne change radicalement la manière de vendre des vêtements. Désormais, l’expérience d’achat qu’on a lorsqu’on est dans un magasin (boulimie, hystérie, surprise, joie) n’a plus grand chose à envier à ce que propose Sarenza par exemple (très grand choix, prix accessibles, choix des coloris, bons plans relayés sur Facebook et Twitter…).

– Publicis qui rachète Razorfish. J’ai déjà écrit un billet sur ce sujet ici, mais voilà un virage intéressant. Publicis saura-t-il intégrer des compétences et surtout une « mentalité web » (=on est tous ensemble, on va tout défoncer pour apporter des expériences incroyables aux consommateurs, et avec un peu de chance, on gagnera des trophées à Cannes – et pas l’inverse (!)).
Matthieu de Lesseux qui rejoint DDB saura-t-il insuffler cet esprit à tout DDB ?
La plupart du temps, même quand des agences dites « traditionnelles » essayent de proposer des dispositifs globaux qui incluent le web, l’approche reste très classique : une grande stratégie, puis un grand concept de communication, puis une grande idée publicitaire, puis un grand test consommateur, puis un grand lancement avec un grand film et le web en déclinaison avec infiltration communautaire. Le problème est qu’il s’agit toujours et uniquement d’une idée publicitaire en mode push. Le succès des bébés Evian (maximum Respect à Vincent, Alexis et tous les gens chez BETC qui ont travaillé dessus et surtout qui l’ont vendu à Evian en l’état !!!) n’est finalement rien d’autre que cela. Ok c’est déjà (plus que) pas mal et je me contenterais déjà bien d’avoir 55 millions de views sur les contenus qu’on fait chez SFR (!!!!), mais l’internaute n’est que peu entré en réelle connexion avec la marque (hormis le concours de remix). Il a assisté à un très beau spectacle. Et puis à la fin du spectacle, il a mis son blouson, il est sorti de la salle en se demandant ce qu’il pourrait bien aller voir la prochaine fois.
A l’inverse, certaines marques proposent des stratégies moins ambitieuses à la base, mais qui fonctionnent en mode itération avec l’internaute afin de toujours coller à ses envies, ses consommation medias, ses besoins… sans jamais s’imposer brutalement, en lui suggérant les choses, en lui proposant du contenus en phase avec ses hobbies ou ses aspérités… bref une marque qui fait envie et qui est utile à l’internaute et qui in fine impacte fortement sur le business. Des stratégies qui s’inscrivent sur le long terme, moins spectaculaire, moins récompensées à Cannes mais pensez à Sarenza justement, Myfab.com, Traxsource.com, BoostMobile (ici et , et encore ou bien ici), et bien sûr parmi les grandes marques : Coca, Starbucks, McDo, Burger King, Nike, Adidas… Kicéki veut ouvrir le bureau français de Goodby, Siverstein & Partners ?? 🙂

Sur ce, bonnes fêtes à tous 🙂 !!

Publicités

Tags:

Catégories : Non classé

Suivez-nous

Ne perdez pas une miette

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :